"Sorellanza" "Fraternité" di Anna Coslovi

Sorellanza

Che cosa porto con me dei giorni trascorsi a Mont de Marsan? Quello che il flamenco mi sta regalando già da tempo, e cioè una bellissima sensazione di sorellanza. Vivo da anni lontana da casa, dagli affetti solidi e certi dell'infanzia, dalle amicizie inossidabili della scuola. Certo, quando le cerco so che sono sempre lì, dove sono i paesaggi familiari e si sente il profumo del mare. Ma la quotidianità è fatta di rapporti più incerti, che subiscono le maree degli alti e bassi del lavoro, di questi tempi precari che tra le tante cose, si portano via anche le amicizie appena nate, troppo giovani per sopravvivere alla lontananza. In questa incertezza affettiva è una fortuna, di più un tesoro, trovare un gruppo di donne appassionate, curiose, voraci di vita, con cui vivere viaggi come questo. Donne che condividono generose le proprie storie, che ridono nella notte come ragazzine complici di chissà quale misfatto. Donne appassionate d'arte, ognuna a modo suo, da intenditrice o da neofita, ma sempre aperte al nuovo e al bello. Donne che si eccitano come bimbe di fronte alla prospettiva di un gita al mare. Donne a cui brillano gli occhi di fronte a una pentolata di moules frites, che assaggiano allegre un nuovo vino o un dolce che dovrebbe essere proibito. Donne che ballano il flamenco, senza pudore e con allegria. Donne che riguardando le foto della giornata cercano quella in cui ridevano di più. È per assaporare questo senso di sorellanza che ogni tanto infilo le scarpe da flamenco in valigia e parto per uno di questi viaggi.
 Anna

 Fraternité

Qu'est-ce que je retiens à propos des journées passées à Mont de Marsan ? Ce que le flamenco me donne depuis déjà quelque temps, c'est un sentiment merveilleux de fraternité. Je vis depuis plusieurs années loin de chez moi, des affections solides et sures de l'enfance, des amitiés inoxydables de l'école. Bien sûr, quand je les cherche, je sais qu’elles sont toujours là, où se trouvent les paysages familiers et l’odeur de la mer. Mais la vie quotidienne est faite des relations plus incertaines, subissant les marées avec des hauts et des bas du monde du travail, ces temps précaires qui entre autres, nous enlèvent même les amitiés à peine nées, trop récentes pour survivre à la distance. Dans cette incertitude émotionnelle, c’est une chance, et même plus un trésor, de trouver un groupe de femmes passionnées, curieuses, avides de la vie, avec qui vivre des voyages comme celui-ci. Des femmes qui partagent généreusement leurs histoires, qui rient dans la nuit comme des petites filles, complices de qui sait quel méfait. Des femmes passionnées par l'art, chacune à sa manière, en spécialiste ou en néophyte, mais toujours ouvertes à la nouveauté et à la beauté. Des femmes excitées comme des gamines à l’idée d'une sortie à la mer. Des femmes dont les yeux brillent devant une marmite de moules frites, qui dégustent un nouveau vin ou un dessert qui devrait être interdit. Des femmes qui dansent le flamenco, sans pudeur et dans la joie. Les femmes qui regardent les photos du jour à la recherche de celle où elles ont le plus ri. C'est pour savourer ce sentiment de fraternité que de temps en temps je mets mes chaussures de flamenco dans une valise et que je pars pour un de ces voyages.
 Anna

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